Du coeur de Gaïa au bras d'Hermès: extrait d'un tour du monde

Du coeur de Gaïa au bras d'Hermès: extrait d'un tour du monde

mardi 31 mai 2011

Laos - De la 3ème classe au transport de marchandise

Ici le transport est un mot au sens large… même très large où la frontière entre transport de voyageurs et transport de marchandises est, dirons-nous, transparente : du bus assis au milieu d’une centaine de sacs de riz…au jumbo assis sur des bouteilles de bières.


Cheveux au vent, sacs sur les genoux et routes disloquées, les trajets en jumbo nous donneraient presque des allures d’Indiana Jones en mission, mais lorsque s’entassent dans le petit véhicule jusqu’à 22 personnes, sac en plastique et paniers en prime, l’expédition téméraire prend des allures d’expédition clandestine !



 
Pour les pauses « pipi », mesdames sachez que c’est sur demande, mais attention, choisissez votre moment car ils s’arrêtent illico presto, avec ou sans arbres pour plus d’intimité… !!

Quant à la pause déjeuner, pas besoin de descendre, les vendeurs ambulants vous apportent : brochettes de poulet ou de canard pour ceux les carnivores, riz sauté ou omelette pour les végétariens, fruit en sachet ou bouteille d’eau pour les petites faims.. bref il y en a pour tous les goûts ! Faites votre choix…

Laos - Tat Lo ou Tad Lor ou Tad Lo…

…bref beaucoup de nom pour un si petit village.
C’est donc bien dans nos baskets (ou claquette pour certain) que nous arrivons à destination : Tat Lo, un petit village niché au cœur du plateau des Bolaven entre cascades spectaculaires, parfum de frangipanier et végétation abondante.


Si la beauté des alentours nous a séduits, nous avons vite déchanté à la vue de notre « chambre ». Fini le beau bungalow du Cambodge, bienvenu dans le paradis des rats et de l’humidité, entre odeur de moisie, draps rongés et crottes de rats…
Nous avions quitté Don Det pour des raisons « monétaires », Tat Lo n’étant pas plus riche en banque il nous aura fallu arpenter les routes du plateau pendant 2h pour atteindre la première banque…avant de pouvoir enfin profiter d’un moment de détente ! Dur dur les vacances…






Puis départ de Tat Lo en direction de Kong Lo Village en compagnie de Donna, une australienne dynamique qui nous enrôlera dans son apprentissage du Lao !


Les insolites

-« Everything possible » : Commandez une bière, un plat ou un fruit, vous l’aurez dans 5 minutes…mais 5 minutes Laos soit environ 15 minutes ordinaires…le temps d’aller acheter l’ingrédient manquant chez le voisin !
-2 tours à béton dans un village où tout est construit en bois…étrange…

Laos - Don Det

Après deux bus, un jumbo et une pirogue, nous échouons sur une petite île du Mékong répondant au nom de Don Det où la vie est un long fleuve tranquille. Le « laid back » lao prend tout son sens dans ce petit coin perdu entre milles eaux.
En effet, c’est le seul endroit sur terre où un restaurant vous annonce au moment de passer commande qu’on ne peut finalement pas manger ce soir…

Jumbo

Départ pour Tat Lo ou comment oublier ses chaussures…

Nous reprenons la route ou plutôt le bateau en direction du continent suite à une rupture de stock des devises… les banques n’étant pas arrivées jusqu’ici.
C’est entassé dans une pirogue légèrement perméable que le capitaine de 16 ans « lève l’ancre » et plonge son hélice de compétition, qui est en réalité une débrousailleuse, dans l’eau. Plus un bruit à bord, le souffle coupé et surtout plus un mouvement, nous sommes partis et l’eau est à « fleur de coque ».


Nous débarquons, sain et sauf… dans l’eau bien sûre ! Nous retirons nos chaussures, enjambons la pirogue et sac sur le dos on rejoint la rive pour ensuite prendre notre bus.
S’en suit un moment que nous ne sommes pas près d’oublier…
Nous avons tous un jour trouvé une chaussure ou une chaussette sur le bord de la route, et la question qui nous vient tout de suite à l’esprit est : « Mais QUI peut oublier ses chaussures sur le trottoir ?! »
Et bien ne cherchez plus, et éclaircissez le mystère en demandant à Yannick…
Afin de faciliter le chargement des sacs à dos sur le toit du bus, nous posons nos bagages à main et autres encombrements sur le trottoir. Une fois l’épreuve de force réalisée, je ramasse bouteille d’eau et bagages à main (le mien et celui de Yannick), je dis « Yannick prend tes baskets » et nous nous installons dans le bus.
10 minutes plus tard nous entamons nos 6 heures de route, je souris, regarde Yannick et lui dit « Quand je pense que tu as failli oublier tes chaussures sur le trottoir »…et là c’est le drame…il regarde à droite, à gauche, en haut, en bas…et me dit « Mais je ne les ai pas les chaussures… elles sont où les chaussures ?, ELLES SONT OU LES CHAUSSURES ?, tu ne les as pas prises ?!? » et là nous savons tous les deux que les baskets (neuves) attendent sur le trottoir.
Retournement de situation, tout devient ma faute ! Et oui, j’ai pris son sac, pas ses baskets…je fais donc les choses à moitié ! Et blablabla, et blablabla !
Enfin toujours est-t-il, il a beau râler depuis il est en claquette !
2 morales à retenir de cette histoire :
-          Yannick a une mémoire de poisson rouge
-          Yannick ne m’écoute pas quand je lui parle
Les insolites
-N°1 et TOP LISTE de ce tour du monde : Yannick et ses anciennes chaussures ! Jean-Paul, il serait bon que Décathlon envisage des kits anti abandon !
-N°2 la nuit la moins cher de ce voyage : 1,8€ pour deux !
-Utiliser une débrousailleuse en guise de gouvernail
-Premier grand serpent : tête orange, corps gris…
-Pain perdu nouvelle génération : ici il est frit
-Au menu ce soir « steak PAPER sauce »

mercredi 25 mai 2011

Laos - Itinéraire

Après un long trajet (encore), les genoux sous le menton puisque le dossier du siège devant était cassé et que le passager a jugé utile de faire une sieste largement allongé sur son siège ou plutôt sur mes genoux, nous arrivons enfin à la frontière.

Le passage de la frontière Lao restera un moment inoubliable.
Loin des protocoles habituels et des procédures strictes, nous avons trouvé des douaniers détendus et relaxés : carte côté Cambodge, hamac côté Lao !
Le dérangement…euh non, le tampon nous aura coûté 2$ chacun et surtout nos bagages n’ont même pas été vérifié…
Un passage, dirons-nous, sans encombre donc...
...Welcome to Laos PDR,
Officiellement People Democratic Republic,
Officieusement Please Don’t Rush

Cambodge - Synthèse

Des temples hauts en couleur à la majestueuse cité d’Angkor en passant par l’enfer de la prison S-21 au camp d’extermination, le Cambodge est un pays aux multiples facettes où l’histoire fut aussi brillante qu’obscure.

Le futur semble en attente dans ce pays où la pauvreté est encore bien présente et dans certaines régions, le temps semble s’être arrêté.
L’ouverture du Cambodge à l’international aussi rapide qu’elle soit, entraîne le pays dans des choix stratégiques pas toujours nobles: les forêts abondantes sont rasées au profit des plantations d’hévéa (caoutchouc), les rivières détournées pour la construction de barrage et le tourisme associé à la pauvreté conduit au développement du tourisme sexuel.

Toutefois, le Cambodge c’est avant tout un pays haut en couleur où les paysages sont des kaléidoscopes : couleur émeraude des forêts luxuriantes, robe safran des pistes locales, pigmentations dorées des temples et nuances multicolores des statues, les couleurs ne cessent de se chevaucher.
Cette vivacité est avant tout l’œuvre du cambodgien avec son superbe sourire et son accueil chaleureux.
Il semble difficile de repartir du Cambodge sans un soupçon d’admiration et d’affection pour les habitants de ce royaume, qui malgré l’horreur et les souvenirs d’un régime politique dévastateur, ont su garder leur sourire et leur joie de vivre.

La bonne humeur semble l’hymne national et le Cambodge restera un souvenir formidable.

Les insolites :
-Une double monnaie circule dans le pays, ainsi les prix sont principalement affichés en dollars américain, le paiement est également en dollars mais on vous rend la monnaie en riel, devise officielle (enfin normalement !) Donc confusion assurée les premiers jours !
-Les stations essences nous ont beaucoup étonnés

-Plus de baguettes place à la fourchette et à la cuillère… sympa pour manger un steak !

Cambodge - Ban Lung : les Ratanakiri dit "la montagne de pierres précieuses"

Le voyage jusqu’à Ban Lung n’aura pas été de tout repos et l’impression d’arriver au bout du monde nous a envahie : nous avons traversé 3 heures durant la jungle sur une piste disloquée sans croiser âmes qui vivent ou presque !
C’est donc 12 heures après et 3 changements de bus au milieu de la route que nous sommes enfin arrivés à notre destination : Ban Lung également appelée par ses habitants « terres rouges ».
La ville est hors du monde, construite au milieu de la jungle, encerclée par des montagnes et difficilement accessible, cette petite bourgade éloignée de tout semble vivre en autarcie.
Nous avions évoqué Sen Monorom comme un petit coin de paradis, et bien cette expression est également valable pour Ban Lung. Les montagnes du Cambodge sont de véritable havre de paix et de plénitude.

Nous nous ne lassons pas de jouer « les robinsons Crusoé » (de luxe) puisque notre lodge, petit bungalow en bois avec hamac et vue sur les collines, est au top ! Excepté l’araignée géante que nous y avons vue… je vous raconte pas la frayeur que j’ai eu, du coup la dernière nuit fût difficile, j’avias l’impression de voir des araignées partout !




En dehors de cette atmosphère paisible qui règne sur la province, nous sommes allés voir LE lac de Ban Lung dit Boeng Yeak Lom au cœur de nombreuses légendes.
Au milieu d’un parc protégé et au pied d’une montagne sacrée, le lac forme un rond parfait dont certains disent qu’il est apparu à la suite de la chute d’une météorite il y a 700 000 ans, d’autres pensent que c’est le cratère d’un volcan. Quant aux ethnies locales, le lac serait peuplé de créatures mystérieuses. 
Quoiqu’il en soit, nous n’avons pas résisté au bleu limpide de l’eau et au calme des lieux !









Malheureusement cet incroyable lac au milieu de la jungle, est au cœur des débats politiques de la province.
Le parc est actuellement exploité par les Tompuon, minorité locale, jusqu’en 2021. Cependant les « diplomates » souhaiteraient annuler ce bail pour pouvoir construire routes et hôtels autour du lac et un casino sur la montagne sacrée.
Actuellement en pourparlers dans les tribunaux, ce lieu magnifique est à voir tant que la nature est encore reine.

Les insolites :
-Envie d’un en-cas ? pas de problème vous avez le choix entre escargots ou mini palourdes…
-Ici les « french fries » se disent « friend frie » ou « franc frie »
-Yannick est allé chez le coiffeur Pierrette…résultat des courses : une première pour nous deux et un petit trou sur la tempe !

mardi 24 mai 2011

Cambodge - Sem Monorom: les Mondulkiri


Le trajet en bus fut relativement mouvementé !

Nous devions partir vers 10h du matin mais la panne de notre bus venant de Phnom Penh nous a contraints à attendre.
C’est finalement 45 min plus tard qu’une solution de secours nous a été proposée : partir en mini van.
Nous approchons donc le dit véhicule et nous nous entassons à 14 dans un van qui ne compte que 8 places, le coffre chargé à bloque, nos sacs seront glissés tant bien que mal en équilibre sur le tas de bricole et nous voilà parti pour 6h de route !
Finalement au bout de 40 min, le chauffeur s’arrête sur le bas-côté au milieu de nulle part et nous annonce que nous descendons là… pour prendre un autre mini bus qui est arrivé dans la foulée !
Nous espérions être mieux installés mais finalement c’est une odeur de poisson séchée qui nous escortera jusqu’à notre point d’arrivée le tout sur un siège pour deux… eh oui nous étions 13 pour 8 places…que du bonheur. !!





Pendant ce voyage « groupé », nous avons eu l’occasion de goûter le « Kaolam », plat typique du Cambodge que nous avons acheté suite aux conseils d’une femme.
Vous vous demandez « qu’est-ce que c’est que ça le Kaolam ? » et imaginez un peu notre tête quand on nous a mis entre les  mains un stick en bambou !
Eh bien le Kaolam c’est tout simplement du riz collant mélangé à de la noix de coco et des haricots rouge, le tout glissé dans un morceau de bambou que vous ouvrez comme une banane pour atteindre la mixture.
Maintenant vous vous demandez « et alors c’est bon ?? », et bien la texture est collante, le goût n’est pas très prononcé et l’ensemble est très sec, il est donc préférable d’avoir une bouteille d’eau à proximité pour vous aider à avaler le tout !






Nous sommes arrivés à bon port 6h plus tard avec un léger mal de dos pour certain et un mal de fesse pour d’autre…
Je pense qu’on se souviendra de notre périple pour le Mondulkiri ou littéralement « rencontre avec les collines ».

Dès notre arrivée nous sommes partis à la recherche d’un endroit pour dormir et nous sommes finalement arrivés dans un petit coin de paradis au milieu de nulle part où nous avons joué les Robinsons pendant 4 jours.  Détente assurée !!
Petit bungalow en bois au milieu d’un parc forestier le tout logé dans un éco-resort très sympa. Tout est construit en bois, les bruits animaliers jouent les marchands de sable et réveil matinal au son du coq! Vaches, chevaux, poules et chiens sont en liberté et errent au grès de leurs envies.
Le soir c’est vers le petit restaurant perché sur un arbre que nous avons fait la connaissance de Siga, la lituanienne et Danilo, le suisse.






C’est donc tous les quatre que nous sommes finalement partis le lendemain pour une balade en moto relativement acrobatique !
Direction la cascade Bou Sraa à 37km que nous mettrons 2h à rejoindre alors qu’un conducteur chevronné ne met que 45 minutes !
Entre route rocailleuse, nid poule et piste gluante, nous avons eu l’honneur de goûter la terre grâce à mes talents de conductrice…
Résultat des courses, chaussures vaseuses et pantalons boueux, heureusement nous avons eu droit à la douche gratuite pour nous décrasser… eh oui rien de telle qu’une « petite » averse tropicale ! 





Et pour finir notre escapade sur les chapeaux de roue, c’est le coup de la panne….plus d’essence !
Heureusement pour nous, le p’tit père du coin s’improvise station essence !
Le bidon en tôle...c'est la cuve à pétrole...

« Et la cascade dans tout ça ? » plutôt sympa et très rafraichissante après cette virée à la fois boueuse et poussiéreuse. Malheureusement, la baignade est déconseillée compte tenu de la « propreté » de l’eau…




Où est Charlie... euh non...Pierrettte??

Cette journée a été un moment agréable et surtout très drôle avec nos deux compères suisse et lituanien !

Le lendemain, direction un village isolé pour une randonnée en éléphant à travers la jungle.
Installé tels des Maharajasde campagne, confinés dans un boxe en bois et assis sur une planche les genoux sous le menton, la balade débute au rythme effréné d’un éléphant qui ne pense qu’à manger !
Incursion complète dans la jungle et slalom entre les branches, la vue est extraordinaire du haut de notre éléphant.
Ensuite petite pause de 3heures au bord d’une rivière au milieu de la jungle puis, LE moment inoubliable de l’excursion : bain de l’éléphant. Un moment que je ne suis pas prête d’oublier…
Immergé entièrement dans l’eau, l’éléphant se laisse patiemment bercer par nos caresses, enfin mes caresses puisque j’étais toute seule avec le « mahout » ! (le dresseur)
Bref, pur instant de bonheur !




















Puis l’envers du décor, après les caresses et les échanges avec l’animal, vient le temps des piqûres d’insectes ou allergie (je ne sais pas trop) …ce qui m’a valu des boutons sur tout le corps, des doigts gonflés comme jamais et la cerise sur le gâteau une lèvre qui doubla de volume ! Charmant, n’est-ce pas ?!

Bref, un séjour entre cascade et jungle au cœur d’une province agréable, nous sommes super contents.

Les insolites :
-Certains ne savent plus quoi faire de leurs vieux casques de chantier… ne cherchez plus, ici ils sont utilisés comme casque de moto…
-Station essence improvisée, réapprovisionnement à la pompe artisanale dans le meilleur des cas sinon à la bouteille de coca recyclée en bidon de fuel !
-Si je vous Alain Delon vous me dites "acteurs", ici ce sera "cigarettes"...